mardi

Funérarium


C’est devant la porte trop lourde que la main hésite sur le geste. Contre l’inox froid de la poignée,
elle se crispe puis se relâche.
Elle s’arrête …....puis se crispe à nouveau, en même temps que tous les cœurs qui battent encore, en
alternance, contre mon dos.
Ne te retourne pas !
Parce que derrière, c’est les hommes face au désastre,
juste des yeux rougis pleins d’eau et de sel, posés sur des visages fragiles comme des morceaux de
sucre.
Ne te retourne pas... C’est la première larme qui libère toutes les autres.

Ensuite les choses se font seules. On entre, sans trop savoir comment.
La pièce est neutre mais les murs sont pleins de fantômes, et des rideaux tirés nous laissent croire
qu’il existe une fenêtre.
Une fenêtre dans un funérarium
Comme on écrit un mensonge avec les doigts, dans du ciment frais.

Bien-sûr on regarde partout, le coin du mur rouge, les fleurs sans couleur, le Jésus, les fleurs sans
odeur, le bénitier, mais surtout
On regarde vers la fenêtre qui n’existe pas.
Pourtant au milieu de la pièce il y a la mort, allongée et belle, apprêtée, apaisée sur un visage blanc.
Il y a la mort dans un corps. Le corps de celui que l’on a aimé
Forcément trop en sourdine...
Quelques mots du prêtre, des psaumes je crois.
Puis on tend le bâton pour bénir.
Je ne sais pas bénir.




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