samedi

La fleur au fusil


Je me demande souvent à quoi pensent les hommes, lorsqu'ils tombent.
Moi, je pense à toi. À hier, aux dernières secondes.
Celles qui séparent le rêveur du défenestré, le ciel du goudron, le battement du trait.
L'amour rend con
La douleur, aveugle.
Alors j'ai renoncé aux couleurs, à l'eau, à toutes ces choses inutiles.

Ne t'en fais pas
Ça sera pire demain.
Il y aura du verre cassé, une grosse gueule de bois et quelques entailles dans ce qu'il me reste de
vie : L'arbre est couché, je ne suis plus aussi fort qu'avant.
Je vieillis, doucement. Je pourris, doucement. Il m'arrive même d'être lâche.

Finalement, tu vois, de ton iris sont tombées les graines qui n'ont jamais fleuri
Les enfants qui ne sont jamais nés
Les hommes qui n'en seront jamais.

Tiens, je te donne mon silence.
Une pousse de rien, immense dans le verbe taire. Une petite marguerite que l'on piétine
Une fleur un peu.
Une fleur beaucoup.
Une fleur contre la tempe.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Commentaire