samedi

Les sièges en bois trop clair de la gare de Narbonne



C'était une nuit comme tant d'autres, lourde, figée dans peu de couleurs.
Et les sièges en bois trop clair de la gare de Narbonne, en rang devant rien,
attendaient, vides de sens, que la poussière les remplissent.
21 grammes de silence.
Pesant.

Ce soir là (et cela importe),
à quatre-pattes sur le quai A, un homme cueillait des plumes de pigeons.
Des plumes grises, des plumes-parterre, le souvenir des pas perdus.
Juste quelques rêves égarés.
Sous les lampadaires mal plantés, ses espoirs avaient la gueule de petites fleurs qui traînent.
Des petites fleurs poussées, par le vent ou je ne sais quoi, à l'endroit où les trains et les oiseaux ne feront jamais que passer.
Un endroit un peu sombre aux abords immédiats de la vie,
où la nuit,
les pelures et les plumes ressemblent à des papillons.




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